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Henry Le Bal , écrivain et dramaturge

lettre aux mécènes

18 Janvier 2009 , Rédigé par Henry LE BAL Publié dans #Théâtre : 1H1-4

 
un théâtre chrétien ?
  pourquoi pas  une musique militaire…

 

Il y a la musique et le théâtre. Point. Une musique ou un théâtre qui ne s’adresserait qu’à des militaires ou à des chrétiens ne serait plus un art mais un accompagnement, une illustration. L’art n’accompagne ni n’illustre. Il dévoile. Il dévoile un secret. Un secret sans lequel nous ne pourrions vivre et qui cependant nous échappe sans cesse. Plus nous nous en approchons, plus nous nous en éloignons.

Dostoïevski prophétisait sur notre époque en écrivant : « La beauté sauvera le monde ». Phrase énigmatique et cependant si éclairante. La beauté ou l’ultime dévoilement. L’art comme universel de notre aspiration à la beauté.

Comme le disait récemment un chef d’orchestre sur Radio Classique : « Il s’agit moins d’être chrétien que d’observer que sans les évangiles, nous pourrions enlever 80 % des chefs d’œuvre de notre musique et sans doute autant des formes d’art de l’histoire de notre culture». La beauté et ce qui l’inspire. La beauté ou la rencontre lumineuse avec le mystère. Un dévoilement mais dont la raison ne peut s’emparer. Une plénitude qui avive le manque. La présence d’un sens donné à contempler et qui vous fuit sitôt qu’on pense le cerner.

Depuis 25 ans, j’écris à partir d’un questionnement unique : « Si le Verbe s’est fait chair, qu’est-ce que la littérature ? » ce Verbe fait chair, source à la fois lumineuse et mystérieuse de notre humanisme. L’Être qui parle, et les mots des hommes.

La pièce de théâtre que nous allons créer à Paris, en avril 2009, à la Crypte du Martyrium de St-Denis, s’intitule une heure ¼. Elle a pour prétexte, le geste de saint Thomas franchissant la plaie du Christ ressuscité. Thème maintes fois abordé en peinture, jamais en littérature. Le franchissement. Quel franchissement ? Celui des mots des hommes dans la plaie de l’Être qui parle ? La lumière et le mystère ; le mystère universel, humain, d’une lumière à portée de main et cependant infranchissable.

Ce projet nécessite un budget. Un budget aussi modeste qu’indispensable. Échappant à toutes les catégories habituelles d’aides publiques, je fais pour chacun de mes spectacles appel à des mécènes. C’est pourquoi je m’adresse à vous dirigeants chrétiens, pour participer à cette aventure artistique d’une heure ¼. Il ne s’agit pas de financer un bateau pour le Vendée-Globe ou un Figaro, ni de sponsoriser le Tour de France, mais de participer à une création théâtrale mettant en scène le franchissement, en cette période si particulière, si délicate de notre civilisation, toute d’incertitude, d’inquiétude. Le franchissement de quelque chose de l’ordre de cette beauté dont parlait Dostoïevski.

« Que m’importe le nom de ton Dieu, montre-moi tes chefs d’œuvre et je te dirai le ciel que tu pries. » Saint-Exupéry, Citadelle.

Merci à vous, car sans vous rien ne sera franchi.

Henry LE BAL - Octobre 2008

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